New York Odyssée de Kristopher Jansma

Kristopher Jansma, New York Odyssée, Editions Rue Fromentin / Le Livre de Poche, Paris, 2017 / 2018

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Ce roman, c’est une énorme claque dans la figure. Et pourtant, j’étais prévenue avant de l’ouvrir, mais malgré tout, wahou ! C’est une de ces lectures qui marquent, qu’on ne peut pas oublier. Ce sont des passages tellement bien écrit, tellement vrais et tellement bluffants qu’on les relit longtemps après avoir fini sa lecture. Cette histoire de grande amitié dans un New York mythique est époustouflante.

Ils sont quatre amis depuis l’Université : Irene, l’artiste, Jacob, le poète, George, toujours la tête dans les étoiles, et Sara, l’amie d’une fiabilité exemplaire. Ils se sont installés à New York et tout n’est pas toujours facile : les relations, les boulots, la vie nocturne. Mais ils font avec et ils se soutiennent. Et puis il y a William aussi, pas dans la bande des quatre, mais qui se met à graviter autour, enfin surtout autour d’Irene, l’artiste compliquée. Mais la maladie vient semer la zizanie dans leur groupe : Irene a un cancer. Tous veulent l’aider et la soutenir mais rien n’est facile, surtout que la première difficulté est encore d’en informer ses amis, et ça, pour Irene, c’est presque de l’ordre de l’insurmontable, elle qui s’est toujours débrouillée toute seule et qui n’a jamais rien demandé à personne. Pour Sara, la reine du contrôle, George et Jacob, assez fragiles, et William, l’amoureux peu sûr de lui, commencent une odyssée particulière, dans cette ville qui les voit grandir, s’épanouir, s’effondrer et festoyer depuis quelques années.

Ce roman porte aux nues la grande amitié qui lie ces cinq protagonistes. Pour certains, il s’agit d’une amitié en construction, qui n’en est pas moins réelle. Chaque personnage a un caractère fort et bien campé qui donne de l’envergure au roman. C’est bien plus qu’une bande d’amis, c’est avant tout une famille soudée, présente en toute circonstance.

Si New York est bien l’un des personnages de l’histoire, l’auteur nous faisant parcourir ses rues et nous y immergeant avec beaucoup de réalisme, la maladie en fait également partie. Prendre le risque de placer cette insidieuse réalité dans le roman était osé, tant cela pouvait rebuter le lecteur. Mais cela, étonnamment, nous embarque plus facilement au sein de cette amitié et nous fait ressentir les liens qui les unissent. Parler de maladie et de deuil, tout en réussissant à offrir un roman optimiste, il fallait oser, et Kristopher Jansma le fait avec brio.

Plus qu’un roman d’amitiés, c’est un roman de personnalités en construction, qui se confrontent à la dure réalité de la vie active dans une ville où tout va très vite. L’écart entre les passions et la vie rêvée à l’université, et la vie réelle est parfois tellement grand, comme c’est le cas pour Jacob, qu’il n’est pas toujours évident de tout assumer. On suit les itinéraires de ces cinq individus, on suit chacun d’entre eux pendant plusieurs chapitres, ce qui nous permet de mieux les comprendre, et d’analyser cette amitié qui les lie si fort. Et c’est diablement bien pensé, parce qu’alors qu’on pourrait préférer tel personnage ou tel autre, juger durement un comportement ou une réaction, on comprend mieux chacun d’entre eux à mesure qu’on les suit individuellement, qu’on les découvre. Ce fut frappant dans mon cas pour Jacob que je trouvais assez détestable au début et qui a fini par me toucher profondément.

Le tout premier chapitre est juste un petit bijou de beauté, tant dans la forme que dans le fond. Et quand on en comprend sa portée en fin de roman, on est obligé de le relire après avoir lu la dernière ligne. J’ai rarement été autant touchée par un passage d’un roman, mais j’avoue que j’ai été littéralement bluffée. Sûrement parce que ça me parle. Peut-être parce que l’auteur réussit l’exploit de toucher toute une génération en quelques pages, qui nous embarquent dans cette odyssée flamboyante qui ne peut que nous marquer. L’écriture maîtrisée de Kristopher Jansma d’un bout à l’autre de cet ouvrage font de ce roman un futur classique incontournable.

En un mot comme en cent, ce roman est un pur bijou d’amitié, de construction, de reconstruction, d’amour, de vie, d’espoir absolument flamboyant. A découvrir de toute urgence.

Ma note : 5/5

Bande annonce du roman :

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