Le plus beau des vœux d’Alyson Noël

Alysin Noël, Le plus beau des vœux, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2017

LE_PLUS_BEAU_DES_V_UX_hdEn cette période féérique, pleine de magie, que j’affectionne particulièrement, j’aime lire des romans enchanteurs. Quand j’ai découvert cette nouveauté Michel Lafon, la couverture m’a indéniablement attirée. Cette histoire pour adolescents avait tout pour me plaire, bien que l’intrigue ne soit pas d’une très grande originalité et que la fin était prévisible. Mais cela ne m’arrête pas en général, et j’arrive toujours à passer un bon moment. Ici, si le moment a été plutôt bon, je n’ai pas été conquise. Voilà pourquoi.

Mais d’abord, le résumé. Nick Dashaway n’est pas cool. Ses amis ne le sont pas non plus. Or, il rêve de faire partie de cette caste de mecs qui attirent les filles, qui sont bien vus de tous, respectés et assis aux meilleures tables du réfectoire, entourés de copains branchés qui boivent leurs paroles. Alors, quand un concours de chant est organisé dans son collège par une jeune rock star ayant fait ses études dans ce même collège, il y voit sa chance. Il va tout déchirer, sortir un disque, être une star, être au sommet de la coolitude. Et les filles le remarqueront. Mais tout ne se passe pas comme prévu… Quand une amie bien peu cool lui offre une bougie en lui intimant de faire un vœu réfléchi avant de souffler la flamme après sa déconvenue, il finit par tenter sa chance… Et c’est complètement ahuri qu’il se retrouve propulsé dans une nouvelle vie. Une vie où il a tout ce qu’il a toujours voulu : il est célèbre, riche, cool. Il attire toutes les filles, est invité à toutes les fêtes et il a un talent fou. Mais cette popularité est-elle un cadeau si incroyable ? Ne laisse-t-il pas quelque chose de précieux derrière lui ?

Le message de ce roman, s’il peut paraître banal, est plutôt intéressant au vu du public auquel s’adresse l’auteur. Montrer aux adolescents que les rêves de paillettes, la popularité et les succès faciles ne rendent pas forcément heureux, qu’il faut avant tout être soi-même et fidèle à ses principes sont des messages qui ne seront jamais assez martelés à des adolescents. En cela, le roman d’Alyson Noël remplit pleinement son office. Mais au-delà de cela, j’ai trouvé que l’intrigue était bien creuse.

Si, comme je l’ai déjà dit, on s’attend à ce qui va pouvoir arriver au jeune Nick, il reste très ennuyeux de comprendre la construction exacte du roman, ainsi que chaque événement, chaque évolution des pensées du personnage principal. Et ennuyeux est le bon mot : je me suis profondément ennuyée. Les personnages sont caricaturaux, de la jeune fille ambitieuse et opportuniste dont Nick croit être amoureux, le manager qui ne pense qu’à l’argent, la famille qui ne pense plus à l’adolescent qu’uniquement pour obtenir quelque chose, le meilleur ami qui ne profite que de sa popularité, jusqu’à la fille rebelle de l’employé de maison qui l’envoie sur les roses et ne le supporte pas.

On dit qu’il y a plusieurs étapes au deuil. Ici, il semble y avoir plusieurs étapes à la construction de ce type de roman, et chaque partie en développe une : d’abord le souhait de changer de vie, la propulsion dans une nouvelle et la perte de repères, l’enchantement et l’envie de profiter de toutes ces nouveautés inattendues, le début du désenchantement, la décision de repartir dans sa vraie vie, et enfin… la dernière partie dont je ne dirai rien, même si vous devinez expressément de quoi il retourne. Ce que je viens de faire peut s’apparenter à du spoil si tout cela n’était pas évident à la lecture du roman. Et c’est bien dommage.

Parce que si les personnages sont un peu caricaturaux et les aventures du héro un peu convenues, l’auteur aurait pu instiller un peu de subtilité et une pointe de profondeur pour rendre tout ceci moins prévisible. On a tous lu des romans dont on connaissait par avance la fin, et c’est aussi pour cela qu’on les dévore. Que ce soit une histoire d’amour ou autre, on arrive pourtant, dans la plupart des cas, à faire abstraction de la construction du roman ou des caricatures pour plonger dans un environnement qu’on a envie de retrouver. Et bien plus que s’attendre à la fin, on la souhaite. C’est pour cette raison qu’on lit ce genre de roman, autrement on aurait passé son chemin. Ce n’est donc pas tellement la fin prévisible que je regrette, mais bien de ne pas avoir pu faire abstraction de tout le reste. De tourner la page et de me dire, il va se passer cela, untel va venir gâcher la fête, elle n’est pas ce qu’elle prétend, et de ne pouvoir mettre mon cerveau en off pour juste profiter de la lecture.

Il s’agit d’un roman pour adolescents, et j’espère vraiment que c’est parce que je suis adulte que je ne l’ai pas apprécié comme je l’aurais aimé. Mais pour autant, je lis beaucoup de romans pour enfants, adolescents et jeunes adultes, et ce genre de chose m’arrive rarement. Pourtant le personnage de Nick reste attachant, ses craintes et ses peurs, ses souhaits et déconvenues restent crédibles au vu de son âge (bien qu’il nous semble parfois qu’il a 5 à 10 ans de plus). J’espère vraiment que les plus jeunes sauront apprécier ce roman.

Ma note : 2/5

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